Vendredi
5 Août 1983 : KATMANDOU (Voir
carte.)
Il faut absolument que je confirme mon
vol de retour aujourd'hui, car le samedi
tout est fermé au Népal et les
compagnies aériennes sont assez
pointilleuses sur les '72 heures à l'avance'.
Je passe avant chez le correspondant de
Nouvelles Frontières pour voir si j'ai
reçu du courrier : oui. Je me réfugie
dans un parc pour savourer tranquillement
celui-ci et méditer.
A midi, je m'installe dans un restaurant
pour écrire quelques cartes postales et
rattraper un peu le retard pris dans mon
journal (divagations du lundi 25). La fin
de journée est consacrée à un
repérage dans les rues de Katmandou.
En rentrant à lhôtel, je
rencontre le Français avec qui
javais partagé la chambre à Agra.
Il sétait remis tout doucement de
sa grippe intestinale. |
Samedi
6 Août 1983 : Patan.
Quil est doux de ne rien faire !
Quand je me décide à sortir, il est
déjà plus de 11h30. La chambre est
toute petite mais propre et agréable. Un
petit couloir contigu renferme le lavabo,
le WC et une douche. On peut monter sur
le toit plat au-dessus du 4ème étage.
On y a une bonne vue densemble de
la ville. |
Les toits sont en
tôle ondulée et beaucoup de gens y
vivent, étendant leur linge ou faisant
leurs ablutions.
De ma fenêtre, je vois vivre de
lautre coté de la place une
maîtresse de maison. Elle passe son
temps soit sur le toit plat, soit sur le
toit incliné en tôle au 3ème étage.
Je me demande comment il se fait qu'elle
soit encore en vie, elle ne doit pas
avoir le vertige ! |

Un vis-à-vis
qui m'intrigue. |
| Je loue un vélo pour
7 roupies la journée, ce qui est un peu
cher (on en trouve pour 5 rs), et me
dirige vers Patan, petite ville
juxtaposée à Katmandou. Patan est
une ancienne capitale royale, de même
que Bhadgaon et Katmandou. Ça a beau
nêtre quà 3 ou 4 km, les
côtes sont raides et le soleil cogne dur.
Heureusement, des petites boutiques
jalonnent la route et proposent des sodas
bien frais. Le
Dunbar Square, place centrale
de Patan, est aussi typique que celle de
Katmandou, en plus colorée mais moins
grandiose.
C'est pourtant dans une
petite cour du palais royal, la 'Sundari
Chowk', la cour des jeunes filles, que se
trouve la plus ciselée des fontaines que
je connaisse, entourée d'un serpent, le
'naga'. La gargouille représente
Vishnou chevauchant avec Lakshmi la
figuration du dieu en homme-oiseau. Tout
cela date de fin XVIIème.
|
RAPPEL
: Toutes les miniatures peuvent être
agrandies en cliquant dessus. 
Le 'bain
royal'.

Détail de
la gargouille.
|
| Visite de plusieurs
monuments disséminés dans la ville et
parfois difficiles à trouver. Le plus célèbre est le
Golden Temple, enfoui entre
les maisons et auquel on accède par un
petit passage gardé par deux statues
léonines, comme très souvent devant les
temples népalais. Ses trois toits et sa
façade sont recouverts non pas dor
mais de bronze doré. La principale
particularité du temple réside dans des
espèces de rubans descendants du milieu
du toit jusquà lextérieur,
à hauteur dhomme.
Ces rubans sont
destinés à faire descendre
jusquaux fidèles lénergie
céleste collectée au sommet, ou au
contraire, de faire remonter leurs
prières jusquà la divinité. Le
temple est comme constitué d'une cour
intérieure, dont on peut faire le tour
au premier étage. S'y trouve un petit
monastère, ou 'gonpa' lamaïste, mais
rien d'intéressant ne s'y passe à ce
moment.
C'est bien sûr à l'exceptionnelle
minutie d'exécution de ces différentes
créations que Patan doit sa réputation
de ville d'art.
|

Le temple d'or.
À son pied.
|
Je quitte
Patan en passant par le village tibétain
de Jawalakhel, ornementé de mâts et de
bannières. Je n'y reste pas trop
longtemps car, malgré mon vélo à la
main, je me sens un peu voyeur, et en
plus il pleut.
Ces tibétains étaient des
réfugiés, à la suite des 'évènements'
de 1959 au Tibet et de la fuite du dalaï-lama
à Dharamsala (Inde).
Retour sur Katmandou par le
périf, belle grande route
entourant Katmandou et construite par les
chinois. Étant un peu à court de roupie,
je me laisse aborder par un rabatteur qui
memmène dans Freak
street(la rue des hippies) ; petit
porche suivi dun couloir sombre,
escalier en colimaçon. |
Tout se passe au 1er
étage, je sors mes 40 dollars et le
patron me donne de la main à la main
léquivalent en roupies, à un taux
marchandé et convenu dans la rue. Tout
se passe dailleurs en général
très bien. Théoriquement interdit bien
sûr, mais en fait toléré on ne sait
pas trop pourquoi. On obtient au maximum
10% de mieux que le change officiel sur
les petites sommes mais ça peut monter
rapidement pour les grosses. La
Freak street, autrefois lieu
de rendez-vous des hippies (doù
son nom), est maintenant celui des
trafiquants de toute sorte. La
prostitution, par contre, ny est
pas visible.
Au bout de cette rue et donnant sur la
grand-place, Basantpur Square, se
trouvent 3 petits bars : |

Je ne me
lasse pas des marchés. |
- Le Mona Lisa, dont
le patron a plusieurs rabatteurs
et change tranquillement devant
les clients.
- LHimalaya
drinks connu pour ses cookies et
son ambiance sympa. On y fume un
peu.
- Le 3ème dont le
nom méchappe est situé au
1er étage à coté du Mona Lisa.
On y a une vue sur la place
Basantpur :
|

La place Basantpur
est
toujours animée. |
Cest
là mon lieu favori, les joints
circulants de table en table , avec
parfois leurs propriétaires. Une grande
pancarte 'No smoking hasch' met
dailleurs tout de suite à
laise.
Cest là que ce matin, attablé
tranquillement pour prendre mon petit
déjeuner, un hurluberlu me demande :
" D' you want ______? ".
Nayant pas compris, je lui demande
de quoi test-ce quil
sagit.
Sengage alors une
discussion sur le prix (dérisoire) et
surtout sur la quantité, car il ne
men faut vraiment qu'un chouia. Je
métais débarrassé de
lherbe du Kérala avec regret avant
de passer la frontière. Car le shit
dici, pour nêtre pas dégueu,
nen natteint pas la cheville.
Dimanche
7 Août 1983 : Swayambhunath.
Aujourdhui, encore une petite
promenade en vélo. Je rejoins le 'périph'
par le N.E.. Il fait bougrement chaud et
le soleil tape dur. Je me suis payé hier
de bons coups de soleil sur les avant-bras
et le dos des mains. Inutile de dire
quaujourdhui, je porte une
chemise longue et je tiens mon parapluie
ouvert. Pas évident pour monter les
côtes.
|
| Jarrive
néanmoins à lOuest au but fixé :
Swayambhunath, à vos souhaits. Il
sagit de lun des 4 stupas qui
marquent les points cardinaux autour de
la ville. Celui-ci est le plus réputé
et le plus ancien (sa fondation date de
2000 ans). En plus, on a une belle vue
sur Katmandou, vu quon est perché
sur une petite colline. Le stûpa est le monument par
excellence du bouddhisme. Hémisphère
compact revêtu de pierres ou tour pleine
plus ou moins élancée, à faîte
convexe, minuscule ou gigantesque,
richement décoré ou présentant des
parois nues simplement peintes, il se
dresse partout où des bouddhistes ont
vécu et tenu à manifester leur foi.
Daprès 'Tintin au Tibet', on doit
en faire le tour dans le sens des
aiguilles dune montre.
Il y a également une
lamaserie que lon peut visiter. Et
cest justement lheure de la
réunion avec psalmodies de Mantras.
|

Un des 4
stûpas de Swayambhunath. |
Moyennant 5 roupies,
on peut même photographier, mais
cest justement le moment que
choisit mon flash pour marcher par
alternance. Comme il pleut dehors et que
je nai rien dautre à faire,
je quitte mes chaussures à
lentrée de la pièce et vais me
placer derrière les lamas. Ceux-ci sont
placés en deux rangées face à face,
assis sur de petits coussins et attablés
devant des textes sacrés écrits sur des
sortes de parchemins.
Seul lun dentre eux est
surélevé sur une grande chaise toute
rafistolée. Cest lui qui donne le
top. |

La moitié
des lamas ont un instrument de musique. |
La moitié des lamas
ont un instrument de musique, clochettes,
grosse caisse, instruments à vent, ainsi
que 2 grosses cornes de plus de 2 mètres
de long que tiennent 2 jouvenceaux à la
mine réjouie.
Le tout donne une atmosphère grave et
étrange, envoûtante même. Je reste là
à écouter pendant bien deux heures.
Le soir à Katmandou, avec 3 autres
français bien de chez nous, nous nous
payons un bon gros steak au poivre
accompagné dune petite bière.
Évidemment, ce nest pas donné,
mais que ça fait du bien! |

Il doit en
falloir, du souffle ! |
| Lundi 8 Août
1983 : Bhadgaon. Javais dans lidée
de louer une petite moto pour
aujourdhui, mais cest
vraiment hors de prix, pas moins de 250
roupies. Tant pis, je prendrai encore le
vélo à 5 roupies pour me rendre à
Bhadgaon, situé à une douzaine de
kilomètres à lest. Cela permet en
plus de passer par de petits villages et
de voir un peu de campagne, où vivent 95%
des népalais.
Bhadgaon vaut vraiment
son litre de sueur, une ville assez
différente de Katmandu et de Patan, en
partie grâce à une équipe allemande
qui a rénové fort intelligemment les
rues et les magnifiques façades en bois
sculpté.
Je me rends tout d'abord sur la place des potiers. Des récipients de toutes
sortes y sont séchés au soleil après
avoir été 'tournés' sur... des meules
de pierre.
Mais le clou de Bhadgaon est sans
conteste le Nyatapola et ses cinq
toits superposés, sur la place Taumadhi
tole.
Construit en 1708, il s'agit du
monument le plus haut du Népal, avec
plus de trente mètres. Gravissant les
cinq étages du socle, l'escalier
du Nyatapola est encadré de
différentes statues :
|

Un cliché
sur mon chemin.
Le
Nyatapola
|
1- en bas, deux lutteurs ayant
chacun la force de dix hommes ordinaires.
2- puis deux éléphants, chacun ayant la
force de dix lutteurs.
3- deux lions, chacun ayant la force de
dix éléphants.
4- deux griffons, chacun ayant la force
de dix lions.
5- Et enfin deux divinités, chacune
ayant la force de dix griffons. |

Au lieu de
rigoler, feriez mieux de bosser, non mais
alors ! |
| Retour par
la petite route et bref aperçu, entre
deux nuages, dun bout de
lHimalaya ; ce sera la seule fois
en une semaine. Je fais quelques photos
de femmes travaillant dans les champs,
mais quand elles me voient, elles s'arrêtent,
se lèvent et se mettent à rigoler. Ai-je
lair si bizarre? Retour sur
Katmandou avec la nuit tombante. |
Je me ballade toujours
avec mes 9 paquets de Winston achetés il
y a plus de 3 semaines. Jaurais
mieux fait de les vendre en même temps
que la bouteille de Whisky. Jen
parle à un changeur qui, après
marchandage, memmène dans une
petite boutique.
Je peux maintenant consacrer la journée
de demain aux achats de cadeaux et aux
dernières photos.
Scène de terreur et combat terrifiant
avec une araignée géante dans la
chambre. Jen sors vainqueur de
justesse. |

Quel est le
détail incongru dans cette rue ? |
| Mardi 9 Août
1983 : Katmandou. En fin daprès-midi, avant
la nuit, je venais souvent masseoir
sur les grandes marches dun des
monuments de la place du marché.
De là, je contemplais la vie grouillante
des marchants de légumes, des rickshaws,
des touristes, des porteurs de paniers,
des vaches, cochons, couvées....
Spectacle fascinant, je pouvais rester
là des heures durant.
|

En fin de journée, il n'y a plus
grand chose au marché. |
Une fois, deux gosses
de 5-6 ans étaient venus me parler
après lécole, essayant de placer
les quelques mots danglais
quils connaissaient. Nous nous
sommes marrés comme des madeleines tous
les trois.
Aujourdhui, jy reviens pour
essayer de fixer un peu de cette vie sur
pellicule.J'avais
un moment pensé à un sari, comme cadeau
typique à ramener d'Inde, mais j'opte
finalement pour un vêtement trois
pièces que portent les jeunes femmes ici.
J'achète aussi des calendriers sur
papier de riz, qui ne sont d'ailleurs pas
du tout faits à base de riz. Maintenant
il faut que j'arrive à caser tout ça
dans le sac à dos.
|

T'es perdue,
ma pauvre? |
| Mercredi 10
Août 1983 : Katmandou --> Dacca. Wake up vers les 7h,
lavion partant à 9. Il me reste
environ 20 roupies (12FF), plus 100
roupies pour la taxe daéroport,
bien entendu. Je ne trouve pas un seul
rickshaw qui veuille memmener
jusquà laéroport, trop loin
à leur goût. Il me faut donc procéder
en deux temps : rickshaw
jusquà la sortie de la ville puis
rickshaw motorisé jusquà
laéroport. Avec ces conneries, je
vais finir par le rater, mon avion !
|

Une rue
typique. |
Une heure de vol
jusquà Dacca (Bangladesh) . Dans
lavion, nous assistons à un
épisode surprenant : le pilote
abandonne son poste pour se diriger à
larrière, faire sa prière sur son
petit tapis. Y a-t-il encore un pilote
dans lavion ?
À Dacca, où on ne doit repartir que
vers 23h, on nous fait attendre un bout
de temps dans l'aéroport. Un autre
français avait aussi décidé de ramener
un sitar et avait demandé gentiment
sil y avait un endroit où il
pouvait le mettre à labri
jusquà ce soir. On lui répondit
alors tout aussi gentiment : " Ah,
vous avez acheté un sitar, cest
très bien, ça. Eh bien, portez-le
maintenant ! "
Javais reçu lassurance à la
Cie Biman de Katmandu que lon nous
emmènerait en bus au centre ville, mais
celui-ci se fait rudement attendre.
Jusquau moment où un officiel nous
fait signe de le suivre, mais cest
juste pour nous emmener voir où sont nos
bagages, que lon na pas le
droit de toucher de toute façon. Nous
sommes plusieurs à nous gratter la tête :
ils ne sont vraiment pas nets, ces
bangladais. Enfin, après confiscation de
nos passeports et de nos billets, le bus
arrive. |

Des barbus
aux commandes, déjà ! |
Daprès
les bouquins, le Bangladesh ressemble
beaucoup à lInde, en plus pauvre
encore (comme si cétait possible).
La différence nest pas vraiment
visible à Dacca, surtout que c'est la
période de la mousson, donc d'abondance.
Davion, leffet était
saisissant : les 2/3 des terres
étaient immergées.
Le bus nous dépose à un hôtel dans le
centre (mais était-ce bien le centre?),
où lon va jusquà nous
donner une chambre. Par contre, pour
obtenir un simple coca, il faudra
attendre plus dune heure, même en
payant cash en dollars. Et là est bien
le problème : nayant pas nos
passeports, nous ne pouvons changer
dargent, pour se rendre vers le
port ou se balader. |
Il faudra se contenter
dune bonne balade à pied dans des
espèces de souks et les grandes rues.
Cest très peu touristique et on
nous le montre bien. Le coté islamique y
est aussi pour quelque chose, vis-à-vis
des femmes surtout. Une ribambelle de
gosses nous suivent ouvertement pendant
la moitié de la balade, à une dizaine
de mètres. Nous sommes pour les uns
très mal à laise, pour les autres
les nerfs en pelote.
Le soir, il y a un mariage dans notre
hôtel. Nous ne pourrons pas voir ce qui
sy passe mais les femmes sont
magnifiques dans leur sari impeccable.
Retour à lavion.Jeudi 11 Août 1983 :
Dacca --> Amsterdam.
|
Et
pour finir, voici vos 2 bonus. Contents ? 
Je ne sais
plus dans quelle ville du Népal.
|
Escale à Bombay. On
ne nous oblige pas à descendre,
heureusement car tout le monde dort.
Athènes ensuite où nous avons le temps
de faire des achats au duty free vu que
le réembarquement se fait attendre.
Durant le trajet, je suis assis à coté
dun couple assez chouette. Ils
avaient passé 9 mois en Inde et étaient
remontés au Népal par le même chemin
que moi.
- 9 mois, mais je
croyais que le visa était
limité à 3 mois?
- Il lest
effectivement.
- Comment avez-vous
fait, alors?
- Tant quil
ny a pas de contrôle (les
touristes étant rarement
contrôlés), pas de problème.
|

Buffles et
laveuses se côtoient sur les rives du
Gange.
A l'horizon, des tonneaux pour chauffer
de l'eau. |
Mais le contrôle à
la douane valait le détour :
- vos visas sont
illégaux!
- Comment ça? Vous
nallez pas nous dire que
lambassade nous aurait
fournis des visas non valable!
Sen suit une
longue période pendant laquelle les deux
parties sobservent, chacune sachant
pertinemment ce que veut lautre.
Ils devront laisser sur (ou sous) la
table 100 roupies chacun (ce qui
représente facilement 15 jours de
salaire pour le douanier) pour que
laffaire sarrange.
A Amsterdam, jai
un peu la trouille de ne pas retrouver ma
titine (voiture) mais celle-ci
mattend sagement sous les arbres.
|

Non,
contrairement à ce que peut laisser
penser cette photo, je ne suis pas devenu
un grand spécialiste du sitar. |
| FIN |
| Remerciements
à Michèle Droniou, pour avoir
retranscrit ce carnet de voyage sur
traitement de texte. |
| Jeudi 9
mars 2006 : je viens de voir sur
ARTE un court métrage québécois de
2005 intitulé PAPA : un
ancien beatnik ayant fait lInde
dans sa jeunesse offre à son fils
adolescent un billet vers lInde, en
pensant que cela va laider en lui
formant le caractère. Ce dernier est fou
de joie et de reconnaissance en apprenant
le geste de son père, mais rate son
départ pour cause de passeport périmé.
Il nose pas lavouer à son
père et commence à imaginer des lettres
qui raviront son père, dautant
plus après avoir appris que celui-ci
avait été hospitalisé et quil
revivait à travers les
lettres de voyage de son fils.
Javais assez apprécié ce petit
film plein de tendresse et d'imagination. Nallez pas pour autant
imaginer à votre tour que le carnet de
voyage dont vous venez de vous abreuver,
a un fondement similaire !
|
|